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Je crois que le plus grand dénominateur commun de la société turque est la "contradiction". Par exemple, je doute qu'il y ait une autre société qui ait des danses et des chansons folkloriques égayantes disant "que je meure ! que je meure !". Encore une fois, il est très extensif dans notre société que nous remarquions des choses qui sont murmurées plutôt que criées. Nous pouvons expliquer cela par le fait que notre pulsion de curiosité est trop développée, tandis que nous pouvons également affirmer, à l'opposé de cela, qu'il n'y a pas de décibel qui puisse percer les hauts murs de notre insensibilité. D'une manière générale, il n'est pas facile pour la poésie de retentir dans une société très curieuse et également insensible.

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En disant "...aucune fleur ne sourit plus / les graines sont offensées par nous...", elle montre l'endroit où notre peuple s’est noué, tout en marquant également le point où le nœud sera dénoué. Il ne serait pas faux de dire qu'elle écrit des poèmes nuageux, mais ce ne sont pas des poèmes qui nient le soleil ou montrent une simple attitude de se nourrir de tristesse. La preuve la plus claire en est qu'elle inclut de nouveaux levers de soleil pour la société dans la plupart de ses poèmes. La poétesse, qui alloue beaucoup de place à la figure « l’enfant » dans ses poèmes, ne demande pas le compte d'aujourd'hui de demain. Car, tout en évoquant les jours où "aucune fleur ne sourit", elle ne renonce pas à "régler son cœur sur les enfants". D'un autre point de vue, à une époque où tout le monde essaie d'être grand, elle agrandit ses poèmes en taillant de la langue d'un enfant. On peut dire que si la poésie avait une carte, sa poésie serait sans aucun doute un pays des Balkans sur cela. Colorée et triste, dans une certaine mesure fragmentée, mais sa chaque pièce est en fait un tout en soi. Une profonde respiration fatiguée qui a distancé ses batailles perdues - gagnées, mais malgré tout qui garde sa maestria.

   

 

À ce stade, les chuchotements esthétiques d'Özge Sönmez réussissent à dénouer ce nœud. Si vous le lui demandez, elle vous répond « j'écris des poèmes / pour faire sourire mes blessures ». Oui, il est très possible de rencontrer des blessures dans sa poésie. Cependant, son poème n'est pas un « poème blessé », mais plutôt une lumière du jour qui tombe sur les blessures et la rend visible. De plus, ce serait une grave injustice pour la poésie d'Özge Sönmez si nous disons qu'elle a réservé son bateau égoïstement lors de son voyage vers la lumière. Avec une approche qui magnifie l'individu, et non l'individu, il est possible de voir dans ses poèmes à la fois nos dilemmes liés à l'être humain, nos clés pour éliminer ces dilemmes et l'ombre de la société dans laquelle nous vivons et créons en tant qu'individus. Ses vers ne sont pas un cri dégénéré; au contraire, ils accueillent le lecteur comme un murmure qui l'enveloppe comme une main en velours, se concrétise.

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"mon enfance se réjouit

je l’embrasse

 

je sais


que mes balafres sourissent

j’écris des poèmes

 

pour les faire sourire"

On peut facilement dire qu'Özge Sönmez a intériorisé de nombreux mouvements poétiques en composant sa poésie. Dans ses œuvres, il y a des traces d'une élocution qui s’est infusé dans le temps, plutôt qu'un poème étudié. Je ne peux pas dire que je sache en détail par quelles phases elle est passé au cours de son développement poétique. En revanche, son assiduité dans sa poésie se distingue nettement. Dans le ton de son poème, il n'y a pas d'inquiétude d’une guitare dont l'oreille est pliée parce qu'elle est désaccordée. Elle ne poursuit ni un style qui nie le sentiment afin de développer une nouvelle locution, ni ne change les styles familiers selon sa façon et les utilise dans ses vers. Après une certaine lecture, on tombe sur des poèmes que l'on peut appeler « c'est le poème d'Özge Sönmez ». Il est difficile de voir qu'elle préfère la verbosité dans aucun de ses poèmes.

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** De nombreux poètes emblématiques de la littérature turque tels que Nazım Hikmet et Ahmet Arif ont perdu leurs vies en juin. Par conséquent, juin est un mois triste pour la littérature turque.

Cependant, ses mains poétiques ne portent pas une épée littéraire maladive qui exclut l'image et se saigne à mesure qu'elle se plante. D'une certaine manière, il ne serait pas exagéré de dire qu'elle a créé une tradition d'imagerie forte et limpide qui contredirait Goethe, qui a dit que « les nouveaux poètes mélangent trop d'eau dans leur encre ». L'homme est un pays qui s'élargit au fur et à mesure qu'il perd ses terres.

 

Avec ses poèmes, Özge Sönmez est l'une des principaux poètes contemporains, qui nous rappelle avec persistance une société qui voit son propre cœur comme un pays étranger dans le chaos de la vie quotidienne, et que nous nous améliorons en nous souvenant de ce que nous avons perdu.
 

Pour finir, j'ai la conviction qu'elle punit le mois délinquant de notre littérature, "le Juin"**, dans son chaque nouveau poème equipé des miroirs qu'elle redresse à la société.