BLEU SPACIEUX

je suis un labridé candide

dans l’eau triviale de la vie

si je pénètre dans une cavité

c’est un repaire depuis longtemps confisqué

prêt attendant à la porte

le meurtrier affuté ricane

tous ceux qui m’entourent

sont aussi loins de moi que mon intimité

 

allez dis-moi vaste bleu

tout homme

est un peu abattu n’est-ce pas

qui se tait

 

mes écailles étincelaient, qui les a dérobées

où se sont noyés mes éclats verts, rouges

quand dans ses eaux s’étendait ma solitude

comment donc ai-je rétréci, rapetissé

adorateur de ton sable, âme de ton galet

goûteur de ton sel, pierre de ton algue

quelle vague légère t’ai-je donc brisée

pour qu’aussitôt tu as agresses tes lointains rivages

                                    Özge Sönmez
       
Traduction :
Luc Champagneur